Les Iles Marquises

L’archipel des Marquises est l’un des 5 archipels de la Polynésie Françaises avec les Tuamotu, Les Gambier, Les Australes et les iles de la Société.


La Polynésie est administrée au quotidien par un gouvernement local indépendant mais reste rattachée à la France, par exemple, les forces de l’ordre viennent de la gendarmerie française. La langue officielle est le français même s’il existe autant de dialectes et de cultures que d’archipels. La monnaie est le Franc Pacifique CFP (1 euro vaut 120 CFP)

Cet archipel des Marquises est, géologiquement, le plus récent de toute la Polynésie. Situé au Nord Est de la Polynésie, il est en général le premier atteint par les voiliers en provenance de Panama ou des Galápagos (sauf pour les rares qui font une route Sud et arrivent aux Gambier).


Nous débarquons aux Marquises, après 2 mois de quarantaine aux Galápagos et 3 semaines de navigation, à Taiohae la ville principale de l’ile de Nuku Hiva.

Vu de la mer, l’ile apparait à 30 Nm avec ses montagnes verdoyantes, ses cascades… les paysages sont époustouflants !

Arrivés à terre, la gentillesse et la disponibilité de la population est encore plus bluffante ! Nous sommes accueillis comme des rois ! L’accueil des Marquisiens n’est pas une légende ! Nombreux seront ceux qui nous aideront spontanément, nous donneront des bananes pour les enfants et ouvriront leurs portes pour partager un café ou une « Hinano », bière locale que nous consommerons bien sur avec modération !

Ici, on trouve de tout soit au marché pour les fruits et légumes, soit dans les magasins ou encore au ponton pour le poisson. En se promenant dans l’ile, bon nombre d’habitants cultivent des bananes, pamplemousses, citrons, noix de coco, mangues, fruits de la passion… qu’ils n’hésitent pas à nous donner. Ici, on offre ce que la nature propose ! Des maraichers produisent aussi des haricots verts, tomates, oignons, de la potta (ou choux chinois mais qui ressemble beaucoup aux épinards voire aux blettes)… Les conditions météorologiques font que tout pousse toute l’année. La limitation de la production maraîchère est plus liée à l’indivision des terres qu’à des contraintes techniques…

L’activité « agricole » principale est le « coprah » (ramassage, préparation et vente de coco séchée pour la production d’huile), les subventions étatiques importantes n’y étant pas étrangères… un kilo de coco ramassée et débourrée (coque extérieure enlevée) se vend environ 70 FCP et le double si la coco a été séchée.

L’autre source de revenu est le tourisme. L’aéroport permet d’accueillir l’ATR72 d’Air Tahiti et un second avion, un Twin Otter, de la même compagnie dessert depuis Nuku Hiva les plus petites iles de l’archipel. Aucun vol international n’est possible aux Marquises faute d’infrastructure. Il est nécessaire de passer par Tahiti / Papeete. Il est aussi de possible de faire ce trajet en bateau, à bord de « l’Aranui », bateau mixte fret/passagers qui fait le trajet une vingtaine de fois par an en livrant du fret dans tous les archipels lors de sa rotation.

Aux Marquises, le niveau de vie est assez élevé même si le taux de chômage y est très important. Il y a des écoles primaires dans bon nombre de vallées, des collèges dans les grandes villes comme Taiohaé ou Atuona sur l’ile d’Hiva Oa. Il y a des dispensaires dans toutes les vallées et des hôpitaux dans les 2 grandes villes.

Mais derrière cette image idyllique, l’isolement est réel.

S’il y a des écoles dans les vallées, dès le collège la majorité des élèves sont pensionnaires ou hébergés dans la famille… quand au lycée, il faut aller à Tahiti, à plus de 1400 kilomètres de son ile… et que dire des enfants qui veulent faire des études supérieures !

Il en est de même pour les soins médicaux, il n’y a pas de spécialiste sur les iles. Il faut donc être « évassaner » (évacuation sanitaire) vers Tahiti si besoin. Un seul hélicoptère est basé à Nuku Hiva pour l’archipel.

Cet isolement se traduit également par un surcout de tous les produits importés, des déplacements vers Papeete (600 euros un vol Aller/Retour). Les 2 plus grandes villes ne comptant pas 2000 habitants, il n’y a ni cinéma, ni théâtre…

Se déplacer dans les iles est aussi assez problématiques, les routes sont rares et parfois plus proches des pistes que des nationales ! Le relief et les pluies importantes nécessitent d’avoir des 4*4 pour se déplacer, véhicules que l’on trouve facilement ici et en plus détaxés pour la modique somme de 6 millions de FCP. Il y a encore des villages et des vallées qui ne sont pas reliés aux villes par des routes… reste la marche ou les bateaux pour se déplacer !

La culture marquisienne (à surtout ne pas confondre avec la culture Tahitienne ou Polynésienne) avec sa langue, ses symboles, son histoire reste très présente même si de moins en moins de gens parlent le marquisien. Une association se bat pour faire connaitre, reconnaitre et faire perdurer dans le temps cette culture. Les symboles sont, par exemple, reconnus au niveau national depuis peu et ont été proposés depuis pour une reconnaissance mondiale via l’UNESCO grâce à l’association Patutiki et son président Teiki. L’association fait beaucoup pour la promotion de son histoire mais le plus gros challenge est de loin de faire revivre la langue et l’écriture marquisienne qui sont de moins en moins utilisées en particulier chez les plus jeunes.

Un de ses sujets de discorde au sein des iles reste la position de l’archipel. Certains voudraient que les Marquises soient totalement indépendantes, d’autres voudraient plutôt une autonomie vis-à-vis de Tahiti mais pas de la France, en clair que les Marquises deviennent DOM ou TOM, d’autres voudraient que la Polynésie toute entière devienne autonome et les derniers ne souhaitent aucun changement…

L’indépendance vis-à-vis de Tahiti s’explique, pour ses défenseurs, par le fait que celle-ci concentre tous les pouvoirs, la grande majorité de la population et que tout (les aides, les acheminements de matériel, les vols…) passe nécessaire par Papeete qui se « sert gracieusement » avant de redistribuer les « miettes » aux autres archipels.

Les Marquises sont donc partagées entre l’Histoire et ses coutumes et l’indépendance et sa modernité.

Il est encore possible de rencontrer des marquisiens en autarcie, comme les anciens, dans des criques ou des montagnes. Propriétaires de leurs terres, souvent par héritage, ces personnes vivent de la culture, de la cueillette, de la chasse ou de la traque (chasse au couteau sans arme à feu) et n’hésitent pas à partager un repas avec des voyageurs de passage !!

Après 6 trop courtes semaines aux Marquises, nous partons pour 4 jours de navigation en direction d’un autre archipel : les Tuamotu.