Escale Cap-Verdienne.

 

Le cap vert est un archipel d’une dizaine d’iles situé à l’ouest du Sénégal.

Il y a 3 ports d’entrée pour les voiliers : Praia (Ile de Santiago), Mindelo (Ile de Sao Vincente) et  Palmeira (Ile de Sal) qui sera notre destination d’arrivée.

Contrairement à Mindelo ou Praia, Palmeira est une petite ville. La vie y est paisible et les gens bienveillants et serviables. La langue du pays est le portugais. Peu de personnes parlent anglais, et encore moins français ce qui ne facilite pas les contacts. Mais malgré tout, avec un peu d’anglais, d’espagnol, de gestuel et de … Google traduction nous y arrivons.

L’ile de Sal est l’ile la plus touristique de l’archipel. C’est une ile volcanique, très désertique mais avec de belles plages. Les gens vivent principalement de la pêche et du tourisme. Nous y avons fait la connaissance de Jair qui est boyboat (voir page interview), il s’occupe des plaisanciers en leur proposant tous les services possibles ! Il nous a beaucoup parlé de la vie au Cap Vert, de la difficulté des gens mais aussi du besoin d’entre-aide pour soutenir les personnes les plus en difficulté.

Après Palmeira, nous débarquons à Tarrafal sur l’ile de Sao Nicolau. Cette ville est un peu plus grande que la précédente mais c’est le même état d’esprit qui y règne. On s’y sent bien et la population nous y aide!!

Ici aussi le niveau de vie n’est pas très élevé. Les gens vivent de la pêche, de l’activité portuaire, du commerce, un peu du tourisme. Et de l’agriculture.

Le salaire moyen pour un ouvrier dans la conserverie de poissons est de 300/400€, pour un professeur de 600€. Le prix d’un petit terrain est de 5000€. Les maisons sont construites pour la plupart avec le système D : récupération du sable sur la plage, les briques sont fabriquées artisanalement, les habitants rajoutent des pièces au fur et à mesure et les maisons ne seront jamais terminées pour la plupart pour ne pas payer de taxes… Les seules maisons terminées sont celles des « migrants » c’est-à-dire des Cap-Verdiens partis travailler au Brésil, Hollande, Italie et Portugal.

Tout le monde ne possède pas sa propre voiture mais il y a beaucoup « d’aluguer », des taxis collectifs peu chers mais aucune charrette tractée par des chevaux. Les ânes sont en revanche très présents pour porter des charges sur les sentiers montagneux.

Le cout de la vie, même s’il reste inférieur à celui  de l’Europe, reste très élevé au regard du salaire moyen. La situation insulaire de l’archipel ainsi que le faible nombre de terre agricole, pour la plupart en terrasse, expliquant cette situation. Bon nombre de petite boutique d’alimentation est tenu par la communauté asiatique.

Si le système scolaire semble être efficace, la situation économique n’est pas très propice au développement de l’archipel.

Contrairement à Sal, Sao Nicolau est beaucoup plus verte et l’agriculture (maraichère, maïs, canne à sucre, fruitière) est très présente au centre de cette ile montagneuse.

Et surtout, nous y avons fait une rencontre assez improbable…Cela assez semble irréel et pourtant...

Imaginez-vous avec votre famille  en train de déjeuner au milieu d’une baie. Vous êtes à l'étranger, dans un pays où vous ne connaissez ni la culture ni la langue.  La seule chose que l'on vous ait dit c'est : il ne faut pas sortir le soir, il faut faire attention aux choses précieuses (même si une première escale a prouvé qu’il ne fallait pas tout prendre pour argent comptant !).


Là, sur cette ile, il y a 2 autres personnes étrangères seulement. Et vous voyez arriver, à la nage 5 personnes qui viennent vers vous : « Évidemment elles sont noires, elles sont louches et vont sûrement vous attaquer voire faire un repérage pour vous voler le soir... Brrrrr … ça fait peur... ». Il y a trois enfants et deux adultes.


On leur lance un " bon dia",  ils répondent " bon dia". Finissant notre déjeuner, nous leur proposons de la pastèque sénégalaise. Ils la mangent à l’arrière du bateau.  Puis les deux filles proposent à nos enfants, en mime, de jouer ensemble dans l’eau... ce qu’ils accepteront avec plaisir !

Dayone, l’ainée, propose d’aller à sa maison. Ok ! Rendez-vous est pris dans une heure !

Alors on y va. Ils nous attendaient visiblement, certainement en se demandant si on allait venir....

Cette petite famille de capverdien est composée de Roy, le père 38 ans, de Landirza 28 ans, la mère et de leurs 2 filles Dayone 12 ans et Cheyenne 10 ans.

Roy est maçon et travaille du lundi au samedi de 8h à 16h et a un mois de vacances à prendre entre juin et août. Grace au football, Roy est déjà allé sur les autres îles du Cap-Vert, Landirza, quand à elle, n'a jamais quitté son ile. Aujourd’hui, Roy fait de la course à pied : 1000 mètres sur piste, 5 km et 10 km en montagne.

Landirza est femme de ménage et cuisinière dans deux maisons de Cap-Verdiens.

Ils ne sont pas mariés car le taux de séparation est très élevé dans leur pays. Lors d’une séparation, les enfants décident s’ils préfèrent rester avec le père ou la mère.

Dayone va au collège de 8h00 à 14h00 où elle apprend le français et l’anglais.  Elle veut devenir professeure. Cheyenne va l'école primaire de 13h00 à 17h30, elle veut être artiste. Elles vont à l’école en uniforme. Les enfants ont 15 jours de vacances scolaires en décembre puis 3 mois de juillet à septembre. Pour continuer au-delà du lycée, il faut changer d’île et aller à Sao Vicente ou Santiago : trouver un hébergement ou avoir de la famille sur place. Le coût associé devient alors assez élevé.

Cette famille vit dans la maison de la grand-mère maternelle où vit aussi la sœur handicapée de Landirza. La grand-mère s’occupe du nettoyage des rues de la ville tous les jours de 6h30 à 9h00. La maison comporte un petit salon ouvert sur la rue, une petite cuisine qui donne sur une cour à l'intérieur, trois chambres et une salle de bain. Il y a l'eau courante mais ni la douche  ni les toilettes  ne sont raccordées au réseau d’eau. Il n'y a pas non plus d'évier ni de lavabo. Ils ont recours aux jerricans d’eau pour leur quotidien.

Ils ont un chien et élève aussi un cochon dans la montagne.

Le dimanche est la seule journée en famille, eux en profitent pour faire de la  marche en montagne. Ils aiment aussi aller danser et vont souvent en discothèque le samedi soir.

C'est une famille très chaleureuse, accueillante et curieuse, qui a cherché le contact avec nous. Évidemment, ils ne parlaient pas français et nous ne parlions pas portugais ! Ce n’était pas toujours facile de se comprendre ! Mais à force d'insister, trouver de nouvelles phrases, petit à petit on a fini par se comprendre de mieux en mieux. Pour les gens qui nous voyaient faire, c’était assez rigolo !

Landirza nous a préparé une excellente « cachoupa », plat traditionnel du Cap Vert, que nous avons partagé tous ensemble ! Roy avait fait des glaces pour le dessert !

Et dire que tout a commencé par un « bon dia » et une tranche de pastèque!!! Quelle belle rencontre ! Facebook nous permettra de rester en contact !

Nous quittons, à regret, cette ile pour rejoindre Mindelo : changement de décor et ambiance ! Mindelo est une grande ville, c’est la « capitale » économique de l’archipel. Ici on retombe dans l’indifférence et le tourisme « un peu forcé ». C’est une étape quasiment incontournable du Cap Vert pour les plaisanciers qui souhaitent traverser l’atlantique car c’est la seule marina de tout l’Archipel où il est possible de préparer le bateau, faire l’avitaillement avant d’aller de « l’autre coté » !

C’est notre second passage sur l’archipel après celui de 2016. Nous y avons vu deux visages diamétralement opposés : celui paisible et accueillant des petites villes et celui plus impersonnel où il est conseillé de ne pas laisser son bateau vide la nuit dans des grandes villes comme Praia ou Mindelo. Notre second passage aura changé notre vision du Cap Vert et de ses habitants ! Ce fut une excellente redécouverte. Quand aux paysages montagneux, plus particulièrement à Sao Antao, ils sont toujours aussi sublimes !!

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