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Escale sénégalaise

 

 

L’arrivée, en voilier, au Sénégal ne peut se faire qu’à Dakar ou Ziguinchor en Casamance.

 

A Dakar, le point d’entrée est le Cercle de Voile de Dakar. Il y a quelques années, c’était un haut lieu de rendez-vous des voyageurs où une petite centaine de bateaux venaient mouillés dans la baie de Hann. Aujourd’hui, à peine une vingtaine de voiliers passent par ici. La situation politique et financière de ces dernières années explique cette situation, la plupart des voyageurs désireux de traverser l’Atlantique partent des canaries ou du Cap Vert.

 

Le CDV est à proximité du port de commerce. La forte activité de ce dernier génère un trafic routier incessant de camions âgés pour la plupart d’une cinquantaine d’années, voire plus!

Il y a des camions partout, des entrepôts dans tous les coins et pour être honnête, le fonctionnement de cette organisation nous échappe mais elle fonctionne !

 

L’environnement est très pollué, il y a des déchets partout, aucune poubelle… Nombreux sont ceux qui regrettent cette situation et souhaiteraient une meilleure gestion des déchets et essaient de sensibiliser leurs enfants et leurs familles !

 

L’état des chaussées dans ce quartier de la capitale est vraiment très dégradé et le sable rouge, présent partout le long des routes (il n’y a pas de trottoirs) n’aide pas.

 

Mais, dès que l’on se rapproche du centre-ville, la situation s’arrange considérablement.

 

La plus grande partie de notre séjour au Sénégal se passe à une centaine de kilomètres au sud de Dakar, dans un village situé sur les bords du fleuve Siné Saloum.

 

Après 8 heures de navigation le long des côtes du Sénégal, en évitant les filets des pêcheurs omniprésents, nous récupérons dans la ville de Djifer, à l’embouchure du Siné Saloum, un passeur chargé de nous ouvrir la route dans les bolongs (bras du fleuve Siné Saloum dans la mangrove). Le niveau de l’eau, malgré la marée haute, est très juste pour le tirant d’eau d’Ourialys : el Hadj (le sage) connait le chemin par cœur et malgré la nuit qui est tombée nous guidera à bon port !

 

Ndangane Campement est un village qui s’anime après « l’hivernage » (saison des pluies) à partir du mois d’Octobre/Novembre.

La ville est organisée autour de la rue principale ou l’on trouve toutes sortes de boutiques ouvertes de 8h00 à 22h00 !

 

Derrière le premier rideau de boutiques se trouvent les habitations. Sur les terrains en sable, les familles se regroupent. Des constructions (habitations, cuisine, abris pour le matériel agricole …) sont bâtis aux 4 coins de la surface du terrain tels des piliers nécessaires à supporter l’édifice !  Plusieurs générations, plusieurs familles peuvent s’y retrouver avec des parties communes. Les repas sont pris en commun autour d’un plat unique ou l’on mange avec sa main droite (même si certains plus jeunes préfèrent utiliser des couverts…). Ils sont préparés par les femmes ou les filles de la famille. Le plat national est le Tiboudien à base de riz frit, de poisson frais accompagné d’une sauce préparée avec des feuilles d’oseille pour relever « un peu » le plat !

On mange également des plats à base de semoule de mils, de riz à la vapeur, de pates ou de haricots. Le tout peut être accompagnés de volaille, de viande de zébu ou de crevettes voire de beignets de viande ou de poisson.

Parfois des fruits peuvent venir compléter le repars avant finir par un, 2 ou 3, thés de plus en plus sucrés.

 

Dans ce village, il y a l’eau courante mais bon nombre de familles ne sont pas raccordées et utilisent l’eau de leur puits : cette eau est utilisée pour boire, faire la cuisine et les taches ménagères, la douche et les toilettes. Il n’y a évidemment pas de tout à l’égout, par contre il y a l’électricité et la tv par satellite. Les habitations sont totalement clôturées pour éviter l’intrusion des animaux en liberté (chèvres, moutons, cochons…) qui pourraient venir manger les arbustes et autres plantations des jardins.

 

La vie du village est organisée autour d’un chef, élu, qui doit organiser la vie de la communauté. Parfois, des associations locales prennent le relais pour améliorer la vie de tous. C’est le cas, par exemple, pour le ramassage et le traitement des ordures ménagères. Les habitants de la commune ont mis en place eux-mêmes un système de ramassage des ordures ménagères pour rendre leur ville propre. Cette association s’appelle l’ASDES. Les habitants qui souhaitent bénéficier de ce service doivent payer 1000CFA. La collecte des déchets se fait chez les particuliers puis stocker avant d’être détruits.

Cette initiative permet de limiter l’impact des ordures dans le village mais ce n’est pas obligatoire et en plus coute de l’argent qui souhaitent en bénéficier… mais l’effet est visible, Ndangane est un village beaucoup plus propre que d’autres aux alentours…

Ceux qui ne souhaitent pas faire appel à ce service, se « débarrassent » de leurs déchets ou bon leur semble…Nous pouvons, hélas, constater ces effets dés la sortie du village…

 

 

Ici les gens vivent du commerce, de la pêche (principalement à Ndangane Pêcheur) et bien sûr du tourisme.

 

Il y a une école primaire ainsi qu’un collège que nous avons eu l’opportunité de visiter et surtout de faire des exposés montrant les similarités et les différences entre les bateaux et les avions (voir page Actions éducatives - publication à venir).

Les instituteurs ont également organisé une après-midi sur la protection de l’environnement. Une soixante d’enfants ont découverts les fonds marins à l’aide de masques et tubas avant que nous fassions un exposé sur les ravages des plastiques et la dégradation de façon générale dans la mer. Cet exposé venait en complément de cours sur « la vie dans le milieu » (voir pages Actions/Environnement- publication à venir)

 

A l’école, la langue utilisée pour les formations est le français qui est aussi la langue officielle du pays que bon nombre d’enfants ne parle pas. La langue usuelle dans le Siné Saloum comme à Dakar est le wolof. Les enfants apprennent donc par cœur les leçons mais hélas ne les comprennent pas toujours. C’est une réelle difficulté pour continuer sa scolarité.

Une autre difficulté pour les enfants est le coût de la scolarité (100 000CFA), les fournitures et parfois le transport de l’ordre de 1000CFA par jour – 1€ = 650 francs CFA) surtout à partir du lycée ou les enfants doivent prendre des « taxis brousse » tous les jours ou se faire héberger dans la famille ou chez des amis.

Pour étudier à l’université, c’est encore plus compliqué car il faut aller étudier à Dakar ou les frais explosent. Pour beaucoup, il faut trouver un logement dans la famille ou chez des amis et avoir recours au système D pour trouver un peu d’argent….

 

L’environnement dans le Saloum peut se découper en 2 « zones » : l’eau et la terre.

  • L’eau d’abord: le village est construit le long du bolong où la pêche de poissons est très présente, l’eau n’y est pas très claire mais très riche en poissons (carpes noires et grises, capitaines, lottes, mérous, rascasses, barracudas, murènes…). L’autre grande activité est la pêche à la crevette (excellente !!).

Mais à cause de la pêche intensive (le nombre de barques est passé par exemple de 15 à prés de 500 dans la zone de Djiffer en moins de 30 ans…), les ressources s’amenuisent et le poisson est de moins en moins nombreux.

  • La terre : il y a de nombreuses cultures comme le riz, le mil, les haricots mais aussi un peu de culture maraîchère comme les tomates ou les salades vertes. Ces cultures sont gérées par les familles et se font de manière très artisanale.

Enfin l’élevage : on y trouve des élevages de volailles, de porcs, de chèvres (mais peu de lait car peu d’herbe et personne ne sait vraiment comme l’utiliser dans cette région ce qui n’est pas le cas dans d’autres villages…), de moutons et bien sûr de zébus ! Comme pour l’agriculture ou la pêche, l’élevage reste artisanal et familial.

 

En nous éloignant un peu de Ndangane, nous sommes allés à Mbellongoutte. C’est un village qui regroupe une centaine de familles. Au centre du village, on trouve la case du chef, un homme sage qui conseille, arbitre et organise la vie quotidienne. C’est dans ce village, que nous avons amené pour l’association une centaine de moustiquaires afin de protéger les populations du paludisme, la transition de la maladie se fait via des piqures de tous petits moustiques qui sévissent la nuit (voir pages Actions/Solidarité - publication à venir)

L’autre grande difficulté de ce village est l’approvisionnement en eau potable. Le puits du village est de moins en moins rempli et la population est contrainte d’acheter des bidons d’eau dans d’autres villages afin d’assurer sa consommation quotidienne. Les gens sont à la recherche de fonds afin de creuser un peu plus le puits.

 

De façon plus générale, la situation économique reste difficile et le niveau de vie assez faible. Le cout de la nourriture est relativement important tout comme celui du logement. Par exemple, le cout d’un terrain et d’une construction est de l’ordre de 50 000€ dans un village et non dans une grande ville !

Un autre poste important est le cout des transports. Si prendre le bus pour aller à la capitale n’est pas exorbitant (de l’ordre de 2000 CFA) le coût des taxis pour aller à l’école, chez le guérisseur (il ya pas de médecin dans les village), au marché dans le village voisins, aller voir sa famille… pèse rapidement sur le budget familial.

 

Pour gagner un peu d’argent, beaucoup de jeunes quittent leurs villages pour aller à Dakar, M’bour ou Saint louis afin de trouver un emploi, d’autres souhaitent aller en Europe mais comme nous l’ont dit Seryne, Dou et Djibi (voir pages Interviews - publication à venir) ce n’est pas forcément plus simple et le risque est grand pour ces travailleurs clandestins qui se retrouvent isoler…

 

Les liens familiaux sont très forts et il est « de son devoir » de ramener de l’argent pour faire vivre la famille.

 

Ici la polygamie est très présente, un homme peut avoir jusqu’à 4 femmes. Mais le pays est très ouvert, il est possible de divorcer, de vivre seul(e) avec ou sans enfants.

Ces sont les femmes qui s’occupent des enfants et principalement de leur scolarité. Ce qui peut poser parfois des problèmes. L’homme « apporte » de l’argent mais ce sont, en général, les femmes qui doivent assurer les frais de nourriture, de scolarité… alors « elles se débrouillent » comme elles disent !

Ils existent de nombreuses associations exclusivement de femmes, comme les 3 clés ici à Ndangane, qui assurent des prêts collaboratifs (voir page actions/interview)

Le Sénégal est un pays très accueillant ou il fait bon vivre partagé entre ses croyances religieuses (catholiques mais majoritairement musulmane qui cohabitent bien), ses croyances ancestrales et sa volonté de modernisme.

 

 

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