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Une belle rencontre...

Bénamaldena une ville touristique du sud de l'Espagne avec un petit port de plaisance assez tranquille. En 2016 nous étions déjà venus et le soir en se promenant sur les remblas, nous avions été étonnés de voir des gens vendre des t-shirts, des casquettes, des sacs à main, des chaussures exposés par terre sur des couvertures et tout à coup les voir emballer leur matériel fuyant la police. Un jeu du chat et de la souris se mettait en place tous les soirs.

En 2019, rien n'a vraiment changé. Même course, même précipitation, même angoisse.


Les enfants voulaient trouver le t-shirt de Sadio Mane.
Évidemment le vendeur du t-shirt est fort étonné d'avoir une demande si précise sur un joueur sénégalais. De là, est partie une discussion avec Seryne jeune sénégalais d’ une trentaine d'années.
Nous avons pris le temps de discuter un peu avec lui tous les soirs et nous avons fait la connaissance de Dou et de Djibi, deux autres sénégalais qui étaient aussi vendeurs à la sauvette.


Seryne est arrivé  le 23 juillet 2018 à Benalmadena.  Il a quitté le Sénégal, la ville de Saint-Louis où vit encore sa mère. Son père est décédé en 2011 dans un accident de voiture. Seryne a traversé l'Afrique jusqu'au Maroc puis a pris un bateau pour rejoindre l'Espagne. Il pense rester ici encore 3 ans, rentrer au Sénégal quelques mois pour pouvoir voir sa famille et ensuite revenir en Espagne.  Ses deux autres frères sont partis au Brésil : " Il n'y a pas de business au Sénégal alors il faut bien trouver des solutions " nous dit-il de sa voix grave avec un grand sourire.
"C'est Djibi qui m'a dit de venir. On se connaissait de Saint-Louis, on était des amis, lui est arrivé ici il y a 3 ans".


Djibi est le plus âgé des trois amis mais aussi le plus marqué . Toute sa famille est restée au Sénégal :  ses deux frères,  sa sœur et ses parents : "je suis fatigué, "maman", toute la journée, se cacher pour vendre, pour réussir à gagner un peu d'argent, je suis fatigué".
Le dernier des trois amis est Dou :  c'est le plus jeune, il a 23 ans. Il a quitté le Sénégal il y a 4 mois en laissant sa femme et ses deux enfants de 5 et 4 ans à Dakar. Il envisage de rester encore un mois en Espagne puis d'aller rejoindre son grand frère à Paris qui travaille dans la restauration.
Et là, en plein milieu de la conversation, il reçoit un coup de téléphone, discute en wolof et en l'espace de 10 secondes, tout le monde remballe son matériel et part en courant se cacher.

Combien de kilos doivent ils porter 40kg? 50kg?
Quand ils reviennent installer leurs affaires, on leur dit :" ça vous dirait de venir nous rejoindre demain midi à la plage pour que l'on mange ensemble?" "Manger? Avec du Fanta et du Coca? Quelle heure? Où ?" disent-ils en nous regardant un peu bizarrement.

 

Le lendemain, les bras chargés d’un bon pique nique (Coca et Fanta compris), on se positionne à l'endroit du rendez-vous à 13h sur la plage de Benamaldena. Les enfants en profitent pour faire du bodyboard sur des vagues assez grosses ce jour-là. Tous les cinq, on imagine les divers scenarii : viendront-ils? Oseront-ils?  Qu'est-ce que l'on aurait  fait à leur  place?
On voit arriver Seryne avec son gros paquetage,  tout sourire comme d'habitude. Il appelle ses amis pour savoir où ils sont :"ils viendront plus tard, ils sont à la maison, il y a eu des ennuis avec la police".
-"Qu'est-ce qui se passe si la police vous attrape?"
-" Si on a des papiers, elle garde notre marchandise et on reste en prison un ou deux jours, sans papier elle nous expulse."
On voit arriver Djibi et Dou sur la plage. Ils viennent de leur maison. Ils y vivent à 6.  Ils se lèvent le matin vers 8h pour préparer le repas, mangent à 10h,  travaillent jusqu'à 17h,  puis une pause repas et ensuite ils vont travailler jusqu'à 1h du matin.  Et ainsi tous les jours, du mois d'avril au mois d'octobre. Ensuite d'octobre jusqu'à mai, ils vont à Barcelone pour travailler dans les vignes et récolter les fruits pour gagner environ 40 € par jour.


Au moment de se dire au revoir, ils tiennent à nous offrir des cadeaux : un short pour Olivier,  une tenue de foot pour Maylis, des chaussures pour Oriane, un maillot pour Elouan.

Leur générosité nous touche énormément. Nous les quittons avec un pincement au cœur. Que vont-ils devenir? Qu'aurions nous pu faire pour les aider plus? Ils cherchent à s'en sortir mais vendent des contrefaçons. Pourtant la police, qu’on a vu a l’œuvre, les chasse certes mais ne cherche pas réellement à les arrêter. C'est un problème compliqué à résoudre. Ils cherchent à se nourrir et ils n'ont pas d’autre choix que de faire un travail illégal.

 

Nous retiendrons de cette belle rencontre : leur bonne humeur, leur sourire, leur gentillesse et leur philosophie de vie :"c'est comme ça, « maman », il faut faire avec".

 

 

 

 

 

 

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